Le vice-président américain reporte sa visite au Proche-Orient

Abdelbari Atwan

Le report de la visite de Mike Pence au Proche-Orient est une première victoire pour les Arabes, d’après le célèbre journaliste palestinien Abdelbari Atwan

Rai Al Youm, mardi 2 janvier

Pourquoi Pence a brandi le drapeau blanc et annulé sa visite en Egypte et en Palestine occupée ?

Quand les Arabes, ou certains d’entre eux, font preuve d’un minimum de courage et de dignité, et qu’ils refusent ce que leur dicte l’Amérique, individuellement ou collectivement, ils imposent le respect et montrent qu’ils sont prêts à dire un grand NON à Washington, au président Donald Trump, et aux racistes qui l’entourent, quand ceux-ci soutiennent les racistes israéliens et leur politique de judaïsation de la ville sainte.

Les Arabes ont commencé à toucher le fond quand le Président égyptien Mohammed Anouar Al Sadate a accepté le discours défaitiste disant que 99% des cartes étaient aux mains des Américains et que les Arabes ne pouvaient que se jeter dans leurs bras. Il est regrettable que beaucoup l’aient suivi dans leurs politiques et leurs positions.

Lundi, un responsable du Ministère des affaires étrangères israélien a annoncé que Mike Pence, le vice-président des Etats-Unis, avait décidé de reporter sa visite au Proche-Orient jusqu’à nouvel ordre. Il devait passer par l’Egypte, la Palestine occupée et Ramallah.

Ce report est venu après la décision du Cheikh d’Al Azhar, Ahmed El Tayeb, de Théodore II, le Pape des Coptes, et du Président palestinien, Mahmoud Abbas, de ne pas recevoir Pence. Ils ont refusé les demandes des ambassades américaines au Caire et à Tel Aviv pour protester contre la décision américaine reconnaissant la judaïsation de la ville occupée de Jérusalem/Al Quds en y transférant l’ambassade des Etats-Unis.

Le mépris et un minimum de dignité constituent les principes avec lesquels il faut traiter les administrations américaines. L’avilissement, la peur et la soumission aux ordres ne font qu’augmenter leur orgueil et leur propension au chantage.

Quand les Arabes ont défié le Président Trump et sont allés à l’Assemblée générale des Nations Unis pour faire voter une décision condamnant la décision de transférer l’ambassade américaine dans la ville occupée de Jérusalem/Al Quds, le monde entier les a respectés. Ils ont même été soutenus par les alliés européens de Washington, comme la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Pourquoi certains leaders arabes ont besoin de cours pour apprendre le courage et la dignité chez Kim Jong Un ?

Les « leaders » arabes, ou la plupart d’entre eux, ont besoin de prendre des cours sur la façon de se comporter avec l’Amérique chez le Président nord-coréen Kim Jong Un, à Pyongyang. Cet homme a traîné Trump dans la boue car il s’est moqué de ses menaces et y a répondu avec plus de 16 essais de missiles balistiques l’année dernière, sans oublier le dernier essai nucléaire qui a fait entrer triomphalement son pays dans le club des Etats nucléaires, lui permettant de se défendre et de traiter d’égal à égal avec la plus grande puissance du monde.

Son cadeau au Président américain pour la nouvel année est un message clair disant que le « bouton nucléaire » est sur son bureau, reste avec lui dans sa chambre et qu’il n’a besoin que d’une petite pression pour lancer ses missiles intercontinentaux au cœur des Etats-Unis en réponse à toute agression américaine envers son pays.

La Corée du Nord, qui ne possède ni pétrole ni gaz, a réussi en quelques années à se doter d’une force de dissuasion nucléaire et développer des missiles pouvant être équipés de têtes nucléaires. Alors que nous, les Arabes, dont les caisses ont reçu des milliers de milliards de dollars grâce aux revenus du pétrole, nous n’avons rien développé d’autre qu’un vocabulaire grossier entre nous. Nous ne sommes entrés en compétition que pour acheter des palais volants avec des sièges et des robinets en or, des yachts de luxe, des îles dans les mers étrangères alors que nous ne connaissons même pas le nombre et la localisation des îles de nos mers.

Quelles mesures peuvent-être prises pour obliger le Président américain à faire marche arrière et s’excuser ?

Les Arabes, ou ceux d’entre eux qui ont encore de l’honneur, doivent tirer les leçons de cette victoire symbolique qui a contraint le vice-président américain à annuler sa visite dans la région, après avoir compris qu’il n’était pas le bienvenu. Ils doivent prendre la décision collective de ne pas accueillir le Président Trump, ou tout autre responsable américain, y compris les ambassadeurs des Etats-Unis dans les capitales arabes, sauf s’ils annulent la décision de transférer l’ambassade et s’excusent auprès des Arabes et des musulmans. Cela sera une première mesure avant d’autres plus dures et c’est la moindre des choses après avoir refusé de fermer les ambassades américaines et israéliennes.

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