Une défaite parlementaire pour Netanyahou à quelques jours des élections législatives

Benyamin Netanyahou

Une défaite parlementaire pour Netanyahou à quelques jours des élections législatives

Benjamin Netanyahu a échoué cette semaine dans une tentative d’imposer à la Knesset un projet de loi controversé concernant l’installation des caméras de surveillance dans les bureaux de vote.
Alors que les sondages de la semaine dernière montraient que le parti d’opposition Bleu et Blanc dépasse le parti Likoud dans les élections du 17 septembre 2019, Netanyahu avait tenté de faire adopter un projet de loi en vue de faire pression sur les électeurs arabes de la Liste commune d’Aymen Odeh, un associé potentiel du bloc centre-gauche.
Cette loi sur les caméras de surveillance aurait permis aux représentants des partis politiques d’apporter des caméras dans les bureaux de vote. Netanyahu et le Likoud affirment que la mesure proposée est nécessaire pour lutter contre la fraude électorale.
« Seul quelqu’un qui veut voler les votes s’oppose à l’installation des caméras », a affirmé le Premier ministre. Il a ajouté ensuite par son ironie habituelle: «Chaque épicerie a des caméras, pourquoi les bureaux de vote ne peuvent pas en avoir ?! « 
Mais l’opposition met l’accent sur la mise en cause de la liberté par cette loi. Le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, le Comité central des élections et Eyal Yinon, conseiller juridique de la Knesset étaient parmi les opposants à ce projet de loi.
Dr. Avichai Mandelblit a dit que cette loi atteint à « l’exercice du droit fondamental de vote et à la mise en œuvre des élections libres, secrètes et égales ».
Les votes empêchant le projet de loi d’obtenir la majorité requise venaient en principe du bloc d’Avigdor Lieberman, l’ancien associé de Netanyahu devenu aujourd’hui son ennemi juré. Le parti Yisrael Beitenu de Lieberman a voté contre la proposition. L’ancien ministre de la Défense a affirmé : « Ce que Netanyahu essaie d’adopter n’est pas un projet de loi de la surveillance sécuritaire; il s’agit d’un projet de loi qui envisage de voler les votes ».
Cette défaite grave de Netanyahu et son parti a reçu un accueil chaleureux de la part des leaders de l’opposition. La défaite de Netanyahu cette semaine est une victoire pour la démocratie israélienne et l’État de droit. Le leader du Parti Bleu et Blanc, Benny Gantz, a déclaré : « Aujourd’hui, la dignité a gagné. ». Il a averti que « dans les prochains jours, Netanyahu va continuer ses actes malicieux. Il va essayer de perturber l’ambiance des élections, de semer le doute dans les résultats des élections et de ramener à la Knesset ce projet de loi. »
Amir Peretz, le leader de Labeur-Gesher (Bloc socialiste), a déclaré que ce projet de loi était « une étape majeure dans la propagande raciste et dans la campagne provocatrice de Benjamin Netanyahu ».
Ayman Odeh, le chef de la Liste commune des Arabes, a déclaré que « Netanyahu s’est lancé dans une guerre totale contre la communauté arabe, contre le système juridique et contre la démocratie en général. Le spectacle démodé de Bibi jouant le rôle de la victime touche à sa fin. »
Netanyahu a également été attaqué par Benny Begin, un ancien ministre du Likoud et député de la Knesset durant 18 ans. Son père, Menachem Begin était le fondateur du parti Likoud moderne et celui qui a conduit ce parti politique au pouvoir en 1977. Il était premier ministre d’Israël de 1977 jusqu’à 1983. Benny Begin a déclaré qu’il ne votera pas pour le Likoud la semaine prochaine. L’ancien ministre de la Science et de la Technologie a critiqué le gouvernement de Netanyahou pour avoir ignoré les conseils de Mandelblit. Le fils du fondateur du Likoud a affirmé : « Traditionnellement, le procureur général est celui qui interprète la loi constitutionnelle. Le gouvernement est assujetti à ses conseils constitutionnels. Ne pas tenir compte des conseils du procureur général est un phénomène grave. »
Cet échec de Netanyahu vient après la révélation récente d’un complot du Likoud lors des élections du 9 avril. D’après cette nouvelle, les 1200 représentants du Likoud dans les bureaux de vote des zones arabes d’Israël étaient équipés de caméras cachées corporelles d’espionnage.
La révélation de cet acte illégal du Likoud a créé une vaste polémique sur la scène politique d’Israël. De là, le juge de la Cour suprême, supervisant les élections, a interdit aux partis de filmer dans les bureaux de vote.
Le week-end dernier, le Likoud, sans apporter aucune preuve a accusé les partis arabes de fraude électorale. Le Likoud dit que cette fraude (selon le langage de ce parti) avait permis à l’alliance Ra’am-Balad (Les partis arabes n’avaient pas une liste commune aux élections du 9 avril) de franchir le seuil de 3.25 % dans les élections d’avril. Le parti a également laissé entendre que ce succès de la coalition arabe durant les élections du 9 avril était nuisible pour le parti Nouvelle Droite (Naftali Bennett et Ayelet Shaked ). Ce parti politique qui était un partenaire potentiel du Likoud n’a pu remporter aucun siège à la 21ème Knesset.
Le parti de Netanyahou a continué ainsi cette diffamation raciste la semaine dernière contre les électeurs arabes : « Si cette fraude avait été évitée, Balad n’aurait pas dépassé le seuil, et le bloc de droite sous la direction du Premier ministre Netanyahu aurait pu obtenir les 61 sièges nécessaires. Cela aurait empêché un deuxième processus d’élections inutiles en Israël»
Les experts ont remis en question les affirmations du parti. En outre, il semble que les bureaux de vote dans les villes arabes ne représentaient qu’un tiers du nombre total des votes disqualifiés. De plus, on a constaté que la majorité des irrégularités avaient eu lieu dans les implantations ultra-orthodoxes telles que Modiin Illit et Beitar Illit et dans les villes comme Petah Tikva, Afula et Netanya.
En effet, si quelqu’un doit être blâmé pour la fraude électorale en avril 2019 c’est le Likoud et non pas les Arabes.

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