Une surprise des Etats-Unis pour les adversaires du Qatar ?

Le Qatar et les Etats-Unis

Il semble que l’establishment américain ait décidé que la crise entre le Qatar d’un côté, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn de l’autre avait trop duré

Al-Quds Al-Arabi – Jeudi 1 février

Les nombreuses révélations concernant la crise du Golfe, qui a débuté il y a environ neuf mois, ont changé la donne au Qatar (visé par un blocus de la part de quatre Etats influents dans le monde arabe) mais aussi aux niveaux régional, arabe et mondial.

Une opération militaire contre le Qatar

Le plus grave dans cette campagne n’est pas le blocus en soi (auquel Doha a réussi à faire face en augmentant son trafic naval et aérien avec le Koweït, Oman, la Turquie et l’Iran) ni le coup porté au tissu social et économique reliant les peuples du Golfe et qui a causé du tort à environ deux millions de personnes. Le plus grave donc, est la révélation que les auteurs de ce blocus injuste ont songé à une opération militaire contre le Qatar.

A la lecture des déclarations du Président américain Donald Trump au début de la crise et au vu des visites de son gendre Jared Kushner au Prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salmane à l’issue desquelles ce dernier a resserré son étau sur le Royaume et mené une campagne d’arrestations contre les hommes d’affaires saoudiens, l’angoisse a monté dans le Golfe. On se disait qu’un personnage osant prendre des mesures « irréfléchies » dans son pays pouvait les étendre à la politique extérieure du Royaume. C’est ce qui s’est produit avec la crise libanaise et la séquestration du Premier ministre Saad Hariri, sans oublier la colère jordano-palestinienne suite à l’arrestation du Président du conseil d’administration de l’Arab Bank, Sabih Al Masri, pour finir par les insultes proférées envers un ministre koweïtien (tout cela en plus bien sûr de la guerre au Yémen).

Il est compréhensible que le Qatar se soit préparé de bonne heure à toutes les éventualités d’escalade de la crise. Il a renforcé ses liens avec la Turquie, dont la base militaire a accueilli de nouveaux soldats. Il a également effectué des exercices militaires avec des pays européens.

Washington reprend la main

Doha était également consciente de la fracture qu’ont essayé de créer les pays du blocus entre elle et les Etats-Unis. L’élite politique et diplomatique qatarie a fait face à cela avec calme et réflexion, ce qui lui a permis d’identifier les dégâts causés par le blocus aux équilibres stratégiques dans le Golfe et dans le monde, ainsi qu’aux intérêts américains. Il est naturel que l’establishment américain ait tenté d’intervenir dans certaines situations dangereuses créées par l’aventurisme du Président américain et de son gendre dans des dossiers épineux et compliqués, en Arabie saoudite, dans le Golfe, en Palestine (et aux Etats-Unis également). Sa colère et son agacement étaient évidents face aux démissions des ambassadeurs comme Dana Shell Smith, ex-ambassadrice des Etats-Unis au Qatar, qui a critiqué clairement certaines actions de Trump avant de quitter son poste sans faire l’éloge du « beau pays » où elle a vécu trois ans.

Avant-hier, les Etats-Unis ont déclaré qu’ils étaient prêts à travailler en collaboration avec le Qatar « pour dissuader et faire face aux menaces extérieures pesant sur l’intégrité du territoire qatari ». Cela montre que Washington reprend la main dans la crise du Golfe. Cette déclaration met fin aux plans hasardeux qui trottaient dans la tête des instigateurs de cette crise et ouvre un nouveau chapitre vers son règlement.

Lien vers l’article original

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*