Le Maroc, premier exportateur agroalimentaire au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

L'agriculture au Maroc

Le correspondant du quotidien Al Hayat à Rabat revient, chiffres à l’appui, sur la bonne santé de l’agriculture marocaine

Mohammed Cherki – Rabat – Mardi 28 novembre

L’agriculture marocaine a réalisé un excédant de 111 milliards de dirhams (environ 12 milliards de dollars) au cours de la saison 2016-2017, grâce à l’abondance des pluies, la diversification de sa production et la qualité de ses récoltes, qui ont satisfait la majeure partie des besoins alimentaires nationaux. Elle a donc exporté pour 43 milliards de dirhams (environ 4,6 milliards de dollars) de produits agroalimentaires dans les six premiers mois de l’année.

Des documents du Ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts distribués lors de la présentation du budget 2018 devant la Chambre des conseillers et que « Al Hayat » s’est procurés, indiquent que le PIB agricole « a progressé de 14% cette année, permettant d’améliorer les revenus d’environ 10 millions d’agriculteurs et de villageois de 68% ».

Le Maroc a produit 9,6 millions de tonnes de céréales durant une des meilleures saisons agricoles de ces dernières années. La production de blé par hectare a atteint 1,8 tonne. La production de fèves, de lentilles, de haricots et leurs dérivés a atteint 258 000 tonnes. L’agriculture représente 13% du PNB.

Le Plan Vert Maroc

Le Ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, a déclaré à Al Hayat que le Maroc « s’est désormais fait une place parmi les grandes nations agricoles du monde, grâce au Plan Maroc Vert lancé en 2008 ».

« Le Maroc est actuellement le premier exportateur de produits agroalimentaires en région MENA et de denrées alimentaires en Afrique ». Le Plan Maroc Vert a encouragé l’investissement privé dans le secteur agricole, la diversification de la production, l’amélioration des semences, la réduction des surfaces consacrées aux céréales très consommatrices d’eau, sans oublier la gestion raisonnée des ressources hydrauliques, du changement climatique et de la santé du bétail.

A la COP 23, qui s’est tenue en Allemagne, le Maroc a reçu le prix du pays ayant le mieux anticipé le réchauffement climatique. Il se prépare actuellement à expérimenter la désalinisation de l’eau de mer pour l’agriculture, notamment dans la région de Souss au Sud d’Agadir, qui est un des grands greniers de l’Afrique et du monde arabe mais qui souffre d’une surexploitation de ses ressources souterraines et d’un manque de pluies.

Les investissements agricoles ont été estimés dans le Plan Vert Maroc à 13,4 milliards de dirhams (1,5 milliards de dollars) cette année, afin d’améliorer et de diversifier la production, moderniser l’agriculture et adopter des systèmes d’irrigation à pivot central. Ces investissement ne dépassaient pas 7 milliards de dirhams lors du lancement du Plan il y a neuf ans. Il ont tout de même permis au Maroc de passer d’une agriculture traditionnelle et parfois archaïque à une agriculture moderne et une industrie agroalimentaire s’appuyant sur la technologie, la recherche scientifique et les satellites. Le Maroc est ainsi devenu le premier fournisseur de l’Union Européenne et de la Russie en produits agroalimentaires. Les exportations agroalimentaires du Maroc ont progressé de 34%.

Le Plan Halieutis

Les statistiques du Plan Halieutis pour le secteur halieutique indiquent que la production marocaine de poisson « a dépassé le million de tonnes l’année dernière, pour représenter 4% de la production mondiale. Environ 120 navires de pêche européens exploitent les eaux territoriales marocaines s’étendant sur 3500 kilomètres de côte ».

Rabat a autorisé les navires non-européens provenant de Russie, du Japon et de la Corée du Sud à pêcher dans ses eaux territoriales dans l’Océan Atlantique et en Méditerranée.

Des sources confirment que « Rabat surveille l’activité de ces navires et leur respect des lois sur la pêche et la protection des réserves halieutiques naturelles, à travers des photos satellites. Le Maroc a lancé il y a quelques semaines un nouveau satellite du nom de « Mohammed VI-F » depuis la base française de Guyane.

Débuts de sécheresse

Malgré son succès national et international, l’agriculture marocaine demeure menacée par les répercussions du réchauffement climatique en région MENA, où la température des sols pourrait augmenter et les précipitations diminuer durant les années à venir. C’est un grand défi pour le secteur agricole, qui fait vivre dix millions d’agriculteurs et constitue la deuxième source de devises après les exportations industrielles mais devant le phosphate, le tourisme et les virements de l’étranger.

La production agricole a permis à la croissance économique d’atteindre 4,5% cette année. Cette croissance était tombée à 1,2% l’année dernière à cause de la sécheresse et ne dépassera peut-être pas 3% l’année prochaine à cause du retard pris par la saison des pluies.

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