Les États-Unis ont approuvé « des travaux secrets » dans le domaine de l’énergie nucléaire pour l’Arabie Saoudite

Le président américain Donald Trump serre la main du prince héritier Saoudien Muhammad bin Salman dans le bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington le 20 mars 2018. REUTERS/JONATHAN ERNST/FILE PHOTO

WASHINGTON Le secrétaire américain à l’Energie, Rick Perry, a approuvé six autorisations secrètes d’entreprises pour la vente de technologie et d’assistance en matière d’énergie nucléaire à l’Arabie saoudite, d’après une copie d’un document consulté par Reuters.

L’administration Trump a poursuivi «discrètement» un accord plus large sur le partage de la technologie nucléaire américaine avec l’Arabie Saoudite, qui vise à construire au moins deux centrales nucléaires. Plusieurs pays, dont les États-Unis, la Corée du Sud et la Russie sont en concurrence pour cet accord, et les «gagnants» devraient être annoncés cette année par l’Arabie Saoudite.

Les approbations de M. Perry, connues sous le nom d’autorisations en vertu de la partie 810, permettent aux entreprises d’effectuer des travaux préliminaires sur l’énergie nucléaire avant toute transaction, mais pas d’expédier de l’équipement qui irait dans une centrale. Les approbations ont d’abord été rapportées par le Daily Beast.

La National Nuclear Security Administration (NNSA) du ministère de l’Energie a déclaré dans le document que les sociétés avaient demandé que l’administration Trump garde les approbations secrètes.

« Dans ce cas, chacune des sociétés qui ont reçu une autorisation spécifique pour (l’Arabie Saoudite) nous a fourni une demande écrite pour que leur autorisation ne soit pas rendue publique », a déclaré la NNSA dans le document. Cependant, par le passé, le ministère de l’Énergie mettait à la disposition du public, à son siège social, les autorisations antérieures de la partie 810.

Un fonctionnaire du ministère de l’Energie a déclaré que les demandes contenaient des renseignements exclusifs et que les autorisations avaient été approuvées par plusieurs organismes.

De nombreux législateurs américains craignent que le partage de la technologie nucléaire avec l’Arabie Saoudite ne conduise, à terme, à une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient.

Le prince héritier Muhammad bin Salman avait déclaré à CBS l’année dernière que le royaume développerait des armes nucléaires si son rival, l’Iran, le faisait. De plus, le royaume s’est parfois opposé à l’adoption de normes américaines, qui bloqueraient deux voies pour rendre clandestines les matières fissiles destinées aux armes nucléaires à savoir l’enrichissement de l’uranium et le retraitement du combustible usé.

Le Congrès s’est inquiété du partage de la technologie et des connaissances nucléaires avec l’Arabie Saoudite après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, basé aux Etats-Unis, en octobre dernier au consulat saoudien à Istanbul. Les autorisations en vertu de la partie 810 ont été accordées après Novembre 2017, mais le document n’indiquait pas clairement si l’une ou l’autre avait été accordée après le meurtre de Khashoggi

Le représentant démocrate Brad Sherman a demandé au secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, lors d’une audition au Congrès mercredi, de divulguer les noms des entreprises qui ont obtenu les approbations avant la mi-avril, et Pompeo ayant déclaré qu’il allait se renseigner…

Sherman a également déclaré que l’administration Trump avait tenté d’échapper au Congrès, sur le partage de l’énergie nucléaire avec le royaume.

M. Pompeo a indiqué que l’administration s’employait à faire en sorte que toute technologie nucléaire partagée ne présente pas de risques de prolifération.

Le mois dernier, des membres du parti démocrate à la Maison-Blanche ont affirmé dans un rapport que les principaux collaborateurs de l’administration Trump avaient ignoré les avertissements selon lesquels ils pourraient enfreindre la loi en travaillant avec d’anciens responsables américains d’un groupe appelé IP3 International pour promouvoir un plan de plusieurs milliards de dollars afin de construire des réacteurs nucléaires au Moyen-Orient, notamment en Arabie Saoudite.

IP3 International n’a pas répondu immédiatement à une demande d’interview, à savoir si elle faisait partie des entreprises ayant obtenu une autorisation en vertu de la partie 810.

Par ailleurs, le Government Accountability Office (GAO), l’organe d’enquête du Congrès, a accepté la demande des sénateurs Marco Rubio, un républicain, et Bob Menendez, un démocrate, d’examiner les discussions de l’administration Trump sur un accord nucléaire avec l‘Arabie Saoudite, a déclaré le GAO mercredi.

Par Timothy Gardner

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Traduction Alexandra Allio De Corato

Alexandra Allio De Corato
A propos de Alexandra Allio De Corato 85 Articles
Traductologie, Linguistique & Géopolitique Analyste, Spécialiste du Moyen-Orient.

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