L’énigme DAESH

Qui se cache derrière DAESH

L’actualité démontre que DAESH est une création des services de renseignement internationaux d’après l’écrivain syrien et opposant de longue date au régime de Damas, Michel Kilo

Michel Kilo pour Al-Araby Al-Jadeed, samedi 23 décembre 2017

DAESH et les Etats-Unis

Les auteurs du projet DAESH se révèlent jour après jour. Les accusations dirigées contre le peuple syrien et sa révolution au sujet du soutien à cette organisation font partie d’une politique internationale dictée par des considérations bien réfléchies, dont la révolution a été une des premières victimes. Quand DAESH était sur le point de s’écrouler ces derniers mois, cette politique l’a sauvé, contre toute attente, de la fin inévitable qu’on lui promettait depuis plus de trois ans. Puis, dès que les groupes de DAESH ont exterminé l’Armée libre dans les régions d’où elle avait sorti le régime, on a dans l’ombre tenté de sauver les émirs et combattants du mouvement. Les Américains, qui ont prétexté combattre DAESH afin d’occuper plus de 40 000 km2 au Nord-Est de la Syrie, ont sauvé des émirs du mouvement d’après la Russie, qui a intercepté une unité américaine transportant des émirs de DAESH, dont l’émir des finances et sa famille, avec des caisses au contenu inconnu. Des chauffeurs syriens auxquels on a demandé de transporter les combattants du « groupe terroriste » de Raqqa à Deir Ezzor, ont parlé d’armes moyennes et lourdes, de munitions, ainsi que de 4 500 combattants, femmes et enfants. Comment une telle opération, qui a duré sept jours alors que la ville de Raqqa est en guerre et bombardée sans arrêt par l’aviation américaine, a pu se dérouler sans un accord entre les Américains et les Russes pour laisser passer ce convoi d’environ sept kilomètres de long à travers le désert ? Il y avait dans ce convoi un grand nombre d’étrangers, accompagnés par un des plus importants émirs de DAESH. De plus, le Ministère de la défense russe a publié des photos d’un convoi militaire de DAESH se déplaçant de Deir Azzor à Al-Boukamal et a déclaré qu’il était protégé par Washington.

Instrument de négociation pour les Russes

Les Américains ont révélé que 97% de l’effort militaire russe avait visé l’Armée libre et évité Raqqa, capitale de DAESH, à quelques exceptions près se comptant sur les doigts de la main lors desquelles ils ont ciblé des régions excentrées et sans importance. Ils ont fait la même chose de Deir Azzor jusqu’à la frontière irakienne, où ils ont visé des civils.

Il y a beaucoup de vrai dans ces informations. Les Russes ont concentré leurs efforts militaires sur l’Armée libre. Ils ont permis à des convois de DAESH traversant le désert d’occuper Palmyre à deux reprises sans tirer une seule balle, alors qu’ils bombardaient les civils et détruisaient l’Armée libre tant qu’ils le pouvaient. L’épouvantail DAESH joue un rôle important pour justifier leur guerre contre les Syriens et protéger ce mouvement terroriste à l’extrême Nord, où il a fondé un « Etat » et déployé ses principales forces. Les Russes ont épargné le mouvement afin qu’il soit un instrument de négociation avec Washington et Ankara, qu’ils accusent de soutenir DAESH.

Le Hezbollah et l’Iran

Pas besoin de preuves au sujet de la collaboration du Hezbollah et de l’Iran avec DAESH et le Front Al-Nosra, après le scandale de l’évacuation des combattants de ces deux mouvements de la Bekaa dans des bus climatisés en direction de Deir Azzor, entourés sans la moindre honte par les gardes et les étendards de Hassan Nasrallah. Ce dernier avait pourtant toujours prétendu intervenir en Syrie pour combattre les extrémistes et les empêcher de pénétrer au Liban. Quand ceux-ci se sont rendus, suite à un combat grotesque révélé par les médias libanais, il les a conduits en toute sécurité dans un lieu où ils pourraient reprendre leur « terrorisme » contre l’Armée libre et le peuple syrien. Quand Washington les a empêchés d’atteindre leur objectif, le Ministère des affaires étrangères iranien a publié un communiqué faisant mine de s’apitoyer sur les droits de l’homme et demandant la levée du « blocus » imposé aux femmes et aux enfants retenus dans le désert. Washington a accédé à cet appel humanitaire et les yeux des militaires américains donnant leur vie pour mettre fin au « terrorisme de DAESH » se sont remplis de larmes !

L’identité de DAESH

Cette position unifiée face à DAESH montre qu’il existe des politiques américaines, russes, iraniennes et hezboliennes permettant à ses combattants de fuir la mort et la prison en Syrie et en Irak. Dans ce pays, la « Mobilisation populaire » (Al-Hachd Al-Chaabi) attaque les civils et laisse les membres de DAESH sortir de Mossoul et Talaafar pour rejoindre la Syrie. De leur côté, les Américains ont permis à la plupart des membres du mouvement en Syrie de fuir en Irak ! Ces faits ne nous éclairent-ils pas sur l’identité de DAESH, société par actions fondée par les services de renseignement internationaux, qui sauvent aujourd’hui leurs délégués et protègent l’ « organisation » car elle est terroriste ?

Les Américains, les Russes et les Iraniens ont tué des dizaines de milliers de Syriens. Al-Assad a mené une guerre organisée avec l’aide de Téhéran et de Moscou contre son peuple sous prétexte de lutter contre un terrorisme dont il a fait sortir les chefs de ses prisons et que ses services secrets ont aidé dans de nombreuses opérations. Quand l’occasion de l’achever s’est présentée, tout le monde s’est précipité pour le sauver et lui faire retrouver la clandestinité, afin de l’utiliser à nouveau dans d’autres guerres contre le « terrorisme de DAESH ». La guerre contre ce terrorisme a tellement bien réussi qu’elle lui a permis de se déployer et de combattre dans de nombreux pays en Asie et en Afrique… Mort au terrorisme, vive DAESH !

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