Le sang des Palestiniens va-t-il permettre à Liberman de succéder à Netanyahou ?

Avigdor Liberman et les Palestiniens

Avigdor Liberman a démissionné dans l’espoir de succéder à son mentor politique à la tête du gouvernement israélien

Al-Quds Al-Arabi – Jeudi 15 novembre

Avigdor Liberman, ministre de la « défense » israélien et président du parti raciste, extrémiste et populiste Israel Beytenou (Israël est notre maison), a démissionné suite à la décision du gouvernement de Tel-Aviv d’arrêter son agression contre le peuple palestinien à Gaza (et pour d’autres raisons, comme l’autorisation donnée par son gouvernement à l’entrée de 15 millions de dollars du Qatar pour payer les fonctionnaires de Gaza).

Le conseil des ministres israélien a fait le calcul des pertes probables de la nouvelle attaque contre Gaza et a préféré arrêter l’opération malgré la colère des colons entourant la Bande, qui ont été des centaines à manifester pour demander la poursuite du massacre. Liberman, pour lequel le ministère israélien de la guerre représentait l’endroit idéal pour exprimer sa haine raciste des Palestiniens, leur a emboîté le pas.

Une nouvelle guerre sanglante empêcherait la mise en oeuvre de la « transaction du siècle »

Le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou a justifié sa décision par des raisons qu’il ne pouvait pas révéler pour l’instant, mais qui allaient dans l’intérêt stratégique d’Israël. Il a rappelé que son lointain prédécesseur David Ben Gorion avait pris des décisions « impopulaires mais justes ». Il faut comprendre par là qu’une nouvelle guerre sanglante contre les Palestiniens dresserait l’opinion publique contre Israël et ses parrains dans l’administration Trump. Elle empêcherait la mise en œuvre de la « transaction du siècle » du Président américain, incluant la normalisation accélérée des relations avec les Etats arabes (malgré que certains pensent que le plus influent de ces Etats, l’Arabie saoudite, souhaitait cette guerre contre Gaza pour détourner l’attention de l’affaire Khashoggi).

Ce nouveau désaccord entre Liberman et Netanyahou, qui pourrait renverser le gouvernement israélien, ne doit pas faire oublier que les deux hommes sont de la même nature. Liberman était directeur du cabinet de Netanyahou durant son premier mandat (1996-1999) et on peut le qualifier de fils politique de Netanyahou. Les deux hommes ont aussi en commun les accusations permanentes de corruption dont ils font l’objet. Liberman, qui a émigré en Israël en 1978 en provenance de l’ancienne république soviétique de Moldavie, s’appuie sur une « assise populaire » de juifs provenant comme lui des anciennes républiques soviétiques. Sa personnalité porte d’ailleurs les traces de la période soviétique avec ses idéologies colonialistes racistes et violentes dirigées contre les habitants originels. C’est pourquoi le Président palestinien Mahmoud Abbas l’a qualifié de « terroriste diplomatique ». Liberman a entre autres mené une campagne de haine contre les Palestiniens israéliens ne prêtant pas allégeance à l’Etat en déclarant qu’ils méritaient « qu’on leur coupe la tête avec des haches ».

Israël n’a pas pu et ne pourra jamais effacer la présence palestinienne

On sait que les discours racistes et les guerres incessantes auxquelles se livrent les dirigeants d’Israël répondent aux demandes des colons, de l’extrême-droite raciste et d’un grand nombre d’électeurs (dont le nombre augmente dans le monde) mais on sait aussi que malgré ces guerres, Israël n’a pas pu et ne pourra jamais effacer la présence palestinienne et ses institutions politiques. Si c’est une logique électoraliste qui est au cœur de la dernière décision du gouvernement israélien, Liberman aussi a démissionné pour plaire aux électeurs.

Ce choix de Liberman, qui met le gouvernement de Netanyahou en péril à un moment où les colons sont en colère, est une décision électoraliste prise par un ambitieux souhaitant succéder à son maître en faisant couler le sang des Palestiniens.

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