Le Qatar vole au secours d’Erdogan

L'émir du Qatar et le Président turc Erdogan

Le Qatar tend une bouée de sauvetage à la Turquie pour sauver son économie de la noyade

Rai Al-Youm – Mercredi 15 août

Le Qatar a pesé de tout son poids en faveur de son allié turc ce mercredi avec l’annonce par l’émir Tamim Ben Hamad Al Thani, actuellement en visite à Anqara, d’un investissement direct de 15 milliards de dollars pour soutenir l’économie turque et stopper la chute de la monnaie officielle (la lire), à l’issue d’une réunion de plus de trois heures avec le Président Rajeb Tayeb Erdogan.

Cette action du Qatar intervient alors que la Turquie fait face à une guerre économique menée par l’administration Trump visant à démolir l’économie du pays et affaiblir la lire. Cette guerre s’est principalement manifestée par l’augmentation des taxes sur les exportations turques de fer et d’acier aux Etats-Unis d’environ 50%.

Des mesures protectionnistes pour soutenir la lire

Le gouvernement turc a répliqué en imposant des taxes similaires sur les importations américaines et a décidé d’arrêter d’importer les produits électroniques en provenance des Etats-Unis. Il a aussi pris des mesures protectionnistes pour soutenir la lire, qui ont réussi à stopper sa chute et augmenter sa valeur par rapport au dollar d’environ 15% (5,85 lires pour un dollar). Beaucoup d’experts pensent que ces nouveaux investissements qataris devraient encore faire augmenter la valeur de la lire turque dans les jours prochains.

Ibrahim Kalin, le porte-parole de la présidence turque a annoncé sur son compte Twitter que les relations entre la Turquie et le Qatar étaient construites sur « une véritable amitié et la solidarité », mais il n’a pas dévoilé la répartition de ces investissements qataris.

Les autorités qataries ne font que rendre la pareille

Les autorités qataries qui offrent ce soutien à la Turquie et à son économie à une période délicate ne font que rendre la pareille après le pont aérien mis en place par la Turquie il y a deux ans pour alimenter le Qatar en marchandises et denrées alimentaires face au blocus imposé par l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte pour protester contre le soutien apporté par le Qatar aux Frères musulmans et à certains groupes d’opposition du Golfe, ainsi que leur accueil dans l’émirat et sur la chaîne Al-Jazeera, jugée hostile par ces Etats.

La Turquie a établi une base militaire en territoire qatari, qui abrite environ 35 000 officiers et soldats bien équipés. Cette base a protégé le Qatar contre les plans visant à l’envahir ou changer son régime, selon des rapports régionaux et occidentaux.

La visite de l’émir du Qatar en Turquie à ce moment précis et ces investissements vont jeter davantage de sel sur les plaies de la crise du Golfe et augmenter l’hostilité des quatre Etats adversaires du Qatar envers la Turquie et son Président Rajeb Tayeb Erdogan. D’autant que ce dernier a accusé implicitement certains d’entre eux de participer à la guerre économique contre son pays.

Une action courageuse mais périlleuse. Pourquoi ?

Cette injection de plusieurs milliards de dollars dans l’économie turque va renforcer la popularité du Qatar et de son émir en Turquie et dans de large pans des populations arabes et musulmanes, qui sont solidaires avec la Turquie face à cette attaque américaine contre un Etat musulman. C’est sans doute aussi un acte dangereux car il représente un défi au Président américain Trump en personne et à ses plans visant à détruire l’économie turque pour mettre des bâtons dans les roues au Président Erdogan, à son gouvernement et au Parti de la justice et du développement, et l’obliger à libérer le prêtre américain accusé de terrorisme.

Quelle sera la réaction de Trump, qui a déclaré une guerre économique à Erdogan ?

Il n’y a jusqu’à l’écriture de ses ligne aucune réaction américaine face à ce défi courageux et périlleux lancé par le Qatar mais il est certain que le Président Erdogan va beaucoup apprécier ce geste de l’émirat, qui lui a tendu une bouée de sauvetage, à lui et à l’économie turque, à un moment très délicat.

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