Le massacre à Gaza et l’humiliation ajoutée aux blessures palestiniennes

Les martyrs de Gaza

Au-delà des souffrances physiques imposées par l’occupation aux Palestiniens, ceux-ci sont humiliés par les médias occidentaux et les Etats arabes qui collaborent avec Israël

Al-Quds Al-Araby – Mercredi 16 mai

Crimes de guerre

Heure après heure, le nombre des martyrs de l’horrible massacre commis par l’armée israélienne d’occupation aux confins de Gaza augmente. Le dernier bilan fait état de 61 martyrs et 2771 blessés, victimes des balles réelles des tireurs d’élite israéliens ou des bombes au phosphore. Ce qui s’est passé durant ce jour sanglant rappelle d’autres massacres commis par l’occupation à Gaza, à de nombreuses reprises, mais aussi dans d’autres endroits de la Palestine occupée. Amnesty International n’a pas hésité à qualifier ces actes ignobles de crimes de guerre, les considérant comme un « nouvel exemple effrayant » d’usage de « la force disproportionnée et des balles réelles » contre des civils non-armés par l’armée israélienne d’occupation.

Jared Koushner, envoyé de la Maison blanche chargé de faire passer la « transaction du siècle », a décrit les victimes de la barbarie israélienne comme « une partie du problème et non de la solution ». Il a prononcé cette expression horrible durant la cérémonie de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem (sous occupation). Les blessures des Palestiniens sont aggravées par l’humiliation de voir cet homme accueilli avec faste dans les capitales arabes qui se soumettent à l’administration américaine. Elles ne se contentent pas de faire passer cette transaction, mais elles vont aussi peser de tout leur poids sur les dirigeants palestiniens pour qu’ils l’acceptent.

Des médias parlent « d’affrontements » aux « frontières »

L’humiliation est encore aggravée, après les souffrances des martyrs et des blessés, par la couverture médiatique en Europe et aux Etats-Unis. Ces médias parlent « d’affrontements » aux « frontières » entre les manifestants et l’armée d’occupation. Comme si les hommes, femmes, vieillards et enfants de Gaza, sans oublier les invalides, possédaient des armes lourdes ; et comme si l’occupation reconnaissait l’Etat de Palestine ou les frontières avec la Bande de Gaza et la Cisjordanie. Ils ignorent aussi la présence militaire, coloniale et économique effective de l’occupation israélienne dans Gaza même, qui ne se matérialise pas seulement par le blocus terrestre, maritime et aérien, mais aussi par une agression méthodique permanente et des opérations militaires sans interruption.

Les manifestations n’ont pas commencé avec le transfert de l’ambassade américaine

Beaucoup font aussi semblant d’ignorer que les manifestations n’ont pas commencé avec le transfert de l’ambassade américaine, malgré que cet événement soit en lui-même immensément provocateur. Elles ont débuté pour réaffirmer le droit au retour comme un élément essentiel de la cause palestinienne et un droit légitime reconnu par les lois internationales, mais toujours violé par l’occupation. Comme le gouvernement actuel de Benyamin Netanyahou, les gouvernements israéliens successifs ont tenté d’évacuer la question de Jérusalem (sous occupation) des négociations, de nier le droit au retour et de l’éloigner de toutes discussions au sujet d’un règlement final.

Les martyrs palestiniens ne sont pas moins humiliés, comme dans leurs combats passés et futurs, par le fait que les régimes arabes restent muets devant la collaboration des administrations américaines avec les gouvernements d’occupation, et que certains d’entre eux complotent contre la cause palestinienne ou participent effectivement au blocus imposé au peuple palestinien. Ce paradoxe est bien triste et douloureux, mais il n’est pas nouveau puisque pendant que les Palestinien tombent en martyrs à Gaza sous les balles de l’occupation israélienne, les Syriens et Yéménites trouvent une mort similaire sous les bombes des avions arabes.

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