Limogeage d’Al-Assiri : « Mauvaise nouvelle pour Israël »

Ahmed Al-Assiri, ancien sous-directeur du renseignement

L’affaire Khashoggi a fait perdre à Israël un précieux allié à l’intérieur de la hiérarchie militaire saoudienne

Al-Akhbar – Lundi 22 octobre 2018

Ce n’est pas un hasard si Israël a gardé le silence face à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul. Ce silence concerne l’ensemble des membres du conseil des ministres restreint et les dirigeants politiques. Il est dû à l’embarras créé par l’horreur du crime, dont les médias occidentaux ont relaté les détails, au niveau politique. D’un côté, les responsables israéliens ne peuvent pas abandonner leur meilleur allié contre l’Iran et l’axe de la résistance. De l’autre, ils sont dans l’impossibilité de justifier ce crime.

Mais les médias ne sont pas tous demeurés aussi silencieux, notamment suite aux conséquences internes en Arabie saoudite et le limogeage du sous-directeur des services de renseignement, Ahmed Al-Assiri. Moav Vardi, l’analyste des affaires internationales sur la dixième chaîne, a décrit cette mesure comme « une très mauvaise nouvelle pour Israël ». Il a ainsi révélé les liens solides entre Al-Assiri et ses homologues israéliens, ainsi que le niveau de coopération entre Riyad et Tel-Aviv. Sur son compte Twitter, il a déclaré : « de nombreuses personnes ont perdu cette nuit un allié précieux ».

De son côté, le journaliste Ben Kaspit a écrit dans un article pour The Monitor qu’en coulisse, Israël se tenait aux côtés de l’Arabie saoudite, pour qu’elle « digère » l’assassinat de Khashoggi, sans autre choix possible. Il a rapporté ces propos d’un dirigeant israélien : « La lutte contre l’Iran rend tout insignifiant. La sécurité nationale d’Israël et la menace iranienne sont nos priorités. Les affaires internes de l’Arabie saoudite nous concernent moins actuellement ». La source a ensuite ajouté : « Si cela s’était passé sous Obama, il est clair que l’administration se serait retournée contre les Saoudiens en moins de deux ». Donald Trump a une approche opposée : « Le Président Trump comprend que le problème iranien est plus important et la démocratie devra attendre ». Ces déclarations confirment les propos tenus à plusieurs reprises par le chef du gouvernement israélien, Benyamin Netanyahou, sur la coopération sécuritaire croissante avec de grands Etats arabes et musulmans, sans les nommer. Elles interviennent quelques jours après une rencontre entre le chef d’état-major de l’armée d’occupation, Gadi Eizenkot, et son homologue saoudien, Fayad Al-Ruwaili, lors d’une conférence réunissant les chefs des armées de plusieurs pays aux Etats-Unis.

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