La Palestine, notre identité

Talal Salman, rédacteur en chef d'Al-Safir

Talal Salman, rédacteur en chef de l’ancien quotidien libanais Al-Safir,  se décrit comme un « écrivain arabe ». Il revient sur la normalisation des liens entre Israël et plusieurs Etats arabes, ainsi que sur le changement de discours dans les médias.

Rai Al Youm, 28 novembre 2017

Les régimes arabes abandonnent jour après jour la Palestine, sa terre, son peuple et sa cause sacrée au profit de l’ennemi israélien, sous prétexte qu’il est impossible de l’affronter…militairement !

D’un autre côté, il n’est plus tabou d’entretenir des « liens normalisés » avec « l’Etat sioniste ». Israël est désormais représenté dans de nombreux pays arabes : parfois sous forme d’une ambassade, comme en Egypte et en Jordanie, parfois d’un bureau représentatif ou d’un consulat, comme au Qatar, parfois d’une représentation commerciale ou d’un consulat déguisé, comme au Bahreïn ou à Dubaï, ou encore de « liens culturels » à travers les forums ou les rencontres « culturelles », comme avec le prince Turki Al-Faysal Al Saoud. Tout cela avant qu’on ne découvre les liens au niveau des services de renseignement et les communications directes, dont l’ennemi israélien s’est venté et que Riyad n’a pas osé nier.

Les médias arabes ne s’intéressent plus à la Palestine que pour parler de la sécurité. Les journaux arabes se sont presque transformés en rubriques nécrologiques quotidiennes : trois martyrs, quatre martyrs, cinq martyrs, destruction de trois maisons dans telle commune, arrestation de dix jeunes, arrestation de trois militantes de moins de vingt ans, destruction d’un ou plusieurs domiciles dans telle ville ou tel village…

De nombreux médias arabes, écrits, audios ou audiovisuels ne désignent même plus les martyrs palestiniens par ce terme mais se contentent de parler de « tués »…

Comme s’ils étaient morts dans un accident de voiture, ou l’effondrement d’un bâtiment ancien, ou d’une intoxication alimentaire…

Si « le prétexte » est la force gigantesque d’Israël, le Liban a pourtant démontré par sa résistance héroïque, représentée par le Hezbollah, qu’il était capable de faire face à l’adversaire et de lui infliger une défaite en 2006. Cela après la victoire éclatante contre l’occupation, contrainte à se retirer dans la pénombre de l’aube du 24 mai 2000.

La Palestine n’est pas seulement une cause… La Palestine, c’est l’identité.

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