La fin des Casques blancs

4 membres des Casques blancs

Pourquoi Trump et Netanyahou ont couru au secours des « Casques blancs » et de leurs familles en facilitant leur transfert en Jordanie via le Golan occupé ?

Rai Al Youm – Lundi 23 juillet 2018

Quand le Président américain Donald Trump, le Premier Ministre canadien Justin Trudeau et d’autres chefs d’Etat appellent Benyamin Netanyahou, le Premier Ministre de l’Etat d’occupation israélien, pour lui demander de sauver environ 800 membres des Casques blancs et qu’il s’exécute sur le champ en envoyant des unités de l’armée israélienne pour les transférer en Jordanie via le Golan occupée, en prélude à leur relocalisation en Allemagne, au Canada et en Grande-Bretagne, il y a de quoi se poser de nombreuses questions sur cette organisation et le rôle qu’elle a joué en Syrie durant ces sept dernières années.

Quelle est la véracité des accusations d’espionnage et de fabrication de preuves de l’utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta et à Khan Cheikhoun formulées par la Russie et la Syrie ?

Les dirigeants russes ont exprimé leurs « doutes » au sujet de cette organisation et l’ont accusée d’être derrière la mise en scène des attaques chimiques à Khan Cheikhoun, dans la banlieue d’Idlib, et dans la Ghouta orientale. De son côté, le gouvernement syrien la considère comme appartenant à Hayat Tahrir Al-Cham, anciennement Jabhat Al-Nosra. C’est pourquoi les gouvernements syrien et russe ont condamné l’opération de sauvetage menée par l’armée israélienne, qui a fermé ses frontières devant des milliers de Syriens fuyant la guerre et l’avancée de l’armée arabe syrienne.

L’utilisation du facteur humanitaire pour couvrir des opérations d’espionnage n’est pas nouveau pour les Etats-Unis : la CIA avait introduit plusieurs de ses agents dans les équipes d’inspecteurs internationaux en Irak, dont Scott Ritter, qui a démissionné après de subits remords. Il a révélé les provocations de ses chefs en Irak, où ils cherchaient des armes de destruction massive tout en sachant très bien qu’il n’y en avait pas.

Pourquoi Israël a refusé d’accueillir les Casques blancs, contrairement à la Jordanie ?

Il y a une question à laquelle il est bien difficile de répondre : étant donné que Netanyahou se préoccupe tant de ces Syriens et de leurs souffrances, pourquoi ses troupes les ont transférés en Jordanie via la Palestine occupée et ne les a-t-il pas plutôt accueillis à Tel Aviv pour quelques mois, jusqu’à ce qu’ils partent pour le Canada, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ? Est-ce que son humanisme ne peut pas supporter leur présence durant deux petits mois ? Et pourquoi la Jordanie s’est-elle portée volontaire pour les accueillir ? Est-elle au courant des interrogations planant sur leurs activités en Syrie ?

Cette humanité du Président Trump envers les Casques blancs, fondés par un officier des renseignements britanniques à la retraite (James Le Mesurier) avec une aide de cent millions de livres du gouvernement britannique, est bien loin de celle montrée envers la bande de Gaza, le Yémen, l’Irak ou la Syrie elle-même. Il suffit d’ailleurs de rappeler que Trump a mis la Syrie sur la liste des sept pays musulmans dont les ressortissants ne peuvent entrer aux Etats-Unis.

La guerre touche à sa fin en Syrie

Il y aura de nombreuses révélations dans les prochains mois autour du rôle joué par les gouvernements arabes et occidentaux dans le déclenchement de la guerre en Syrie, le financement des groupes armés, modérés ou terroristes, le rôle des Casques blancs et la raison pour laquelle ils se trouvaient toujours dans les zones où les armes chimiques ont prétendument été utilisées. Ce qui est certain, c’est que le démantèlement de cette organisation et l’empressement des Etats occidentaux à sauver ses membres et leurs familles démontre que la guerre touche à sa fin en Syrie et que l’armée arabe syrienne en sort vainqueur après avoir tenu bon et préservé l’unité du territoire syrien dans son intégralité.

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