La femme saoudienne entre deux infos

Le journaliste et écrivain saoudien Mishary Al Zaidi

Pourquoi les journaux et télévisions occidentaux ont fait leurs gros titres avec Rahf mais ont ignoré la nouvelle réglementation saoudienne concernant le mariage des mineures ?

Asharq Al-Awsat – Vendredi 11 janvier 2019

Par Mashari Althaydi, journaliste et écrivain saoudien

En quelques jours, deux informations concernant la femme saoudienne ont été publiées. L’une a fait les gros titres de la presse occidentale, l’autre est passée comme une lettre à la poste sans provoquer de réaction des pleurnicheurs occidentaux.

Une jeune fille de nationalité saoudienne, en colère pour une raison obscure, vivant entre le Koweït et la ville saoudienne de Hail, est arrivée en Thaïlande, où elle a déclaré subir des violences de sa famille et twitte de manière hystérique. Elle est devenue le centre d’attention des médias occidentaux. Les organisations et les Etats se battent pour lui accorder l’asile mais les autorités thaïlandaises disent qu’elles n’ont pas été convaincues par les déclarations de Rahf. Cette jeune fille a pourtant suscité l’intérêt de la rédactrice du Washington Post, Karen Attiah, qui supervisait les articles de Jamal Khashoggi !

La deuxième information concerne le conseil saoudien de la Choura, qui a tranché mercredi dernier le dossier du mariage des mineures, en annonçant son accord à la majorité pour que le mariage des moins de 18 ans (hommes et femmes) ne soit possible qu’à travers un tribunal spécifique, et pour interdire le mariage des moins de 15 ans ; ce qui représente un grand soulagement en ce qui concerne le mariage des mineures.

Khaled Al-Fakhri, membre de l’assemblée nationale pour les droits de l’homme, a déclaré à Asharq Al-Awsat que ces règles étaient conformes à la Convention relative aux droits de l’enfant, que l’Arabie saoudite a signée, et au Code de protection de l’enfant du Royaume.

On peut donc se demander pourquoi les journaux et télévisions occidentaux ont fait leurs gros titres avec Rahf mais ont ignoré la réglementation concernant le mariage des mineures en Arabie saoudite ?

Si « tous » les problèmes de la femme saoudienne intéressent les journaux occidentaux, les organisations civiles et les activistes tels que la grande Karen Attiah, il serait logique de s’attarder davantage sur la réglementation concernant le mariage des mineures plutôt que sur Rahf. On ne demande pas d’ignorer l’histoire « excitante » de Rahf mais ce qui concerne « l’ensemble des femmes » est plus important qu’un accident « individuel », dont tous les détails n’ont pas été révélés.

Les fuites de jeunes filles, causées par les abus d’un homme, ont quelques fois été mises en avant de manière spontanée dans le passé, mais cela s’est multiplié avec les grands changements que nous observons actuellement en ce qui concerne les femmes. On peut donc supposer que ce phénomène n’est qu’une manière de faire de l’agitation politique et médiatique contre l’Arabie saoudite.

Les médias occidentaux et les organisations civiles se sont servies de l’interdiction de conduire faite aux femmes pour se moquer de l’Arabie saoudite. Ils ont perdu cette arme après une décision historique de la direction saoudienne actuelle, qui n’a pas été prise pour satisfaire les Occidentaux mais pour établir un droit naturel de la femme.

Ces luttes vont continuer mais cette « indécence » médiatique ne doit pas empêcher la femme saoudienne de se voir accorder tous ses droits naturels.

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A propos de Sami Mebtoul 192 Articles
Fondateur d'Actuarabe, traducteur assermenté, professeur de langue arabe

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