Israël dit vouloir “la guerre contre l’Iran” et rencontre les pays arabes pour la “faire progresser”

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s'entretient avec la presse à la suite d'une rencontre avec le plus haut diplomate d'Oman, à Varsovie, Pologne, le 13 février. Israël a tenté de rompre sa querelle traditionnelle avec les États arabes afin de s'unir face à ce qu'il perçoit comme des menaces de l'Iran. SERVICE DE PRESSE DU GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN/MÉDIAS SOCIAUX

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé son désir d’aller en guerre contre l’Iran et a déclaré qu’il rencontrait des dizaines d’envoyés étrangers, dont ceux du monde arabe, afin de faire avancer cette initiative.

Les États-Unis ont rassemblé plusieurs pays du monde entier, en particulier d’Europe et du Moyen-Orient, pour participer à un sommet à Varsovie dans le but de former un front uni contre l’Iran islamique chiite révolutionnaire.

Dans une vidéo publiée mercredi sur son compte Twitter, Netanyahu a déclaré qu’il venait d’avoir une « excellente réunion » dans la capitale polonaise avec le ministre des Affaires étrangères d’Oman, avec lequel il a « discuté des mesures supplémentaires que nous pouvons prendre avec les pays de la région afin de promouvoir des intérêts communs »


« Désormais, je vais à une réunion avec 60 ministres des affaires étrangères et envoyés de pays du monde entier contre l’Iran », a poursuivi le chef de l’Etat israélien, d’après la traduction en anglais de ses remarques en hébreu.
« Ce qui est important à propos de cette réunion, et ce n’est pas un secret, car il y en bien d’autres, c’est qu’il s’agit d’une réunion ouverte avec des représentants des principaux pays arabes, qui prennent place avec Israël afin de promouvoir l’intérêt commun de la guerre contre l’Iran », a-t-il ajouté.

Les tweets en anglais de Netanyahu ont rapidement été supprimés et remplacés par l’expression « combattre l’Iran » au lieu de « guerre contre l’Iran ». La vidéo sous-titrée en anglais a également été supprimée.


Juste avant de se rendre à la conférence de Varsovie, Netanyahu a révélé mardi que les forces israéliennes étaient responsables du bombardement d’un poste d’observation dans la province syrienne du sud-ouest d’Al-Quneitra. Il explique que cette attaque était la dernière d’une campagne autrefois secrète, d’une durée d’un an, visant à prendre pour cible des forces présumées iraniennes et soutenues par l’Iran qui luttent contre le soulèvement rebelle et jihadiste depuis 2011 au nom du président syrien Bachar al-Assad.
Pour se justifier, Israël a fait valoir que l’Iran tentait d’établir des bases avancées par l’intermédiaire de sa force d’élite des Gardiens de la révolution, la Quds Force (force sainte). Alors que les États-Unis ont tacitement approuvé de telles opérations, les frappes israéliennes ont contrarié les responsables iraniens, qui ont menacé de représailles, mais aussi l’autre grand allié d’Assad, la Russie, qui a récemment appelé à mettre un terme à ces manœuvres.


Si un certain nombre d’États de la Ligue arabe a commencé à rétablir leurs relations avec Damas, ils l’ont fait dans le but de repousser l’influence croissante de Téhéran dans la région. L’Iran comprend en effet des forces politiques “amies” dans les capitales du Liban, d’Irak, de Syrie et du Yémen. Dans le monde arabe, l’Arabie saoudite a mené la charge contre l’Iran, et Israël a souvent appelé le royaume à unir ses forces contre la République islamique, bien qu’aucun contact de haut niveau n’ait été révélé publiquement.


Cependant, Netanyahu s’est rendu à Oman pour une rare visite dans l’un des rares États arabes qui entretient des liens avec Israël. Après la création de l’État à majorité juive en 1948 et l’exode massif des Palestiniens qui a suivi, les puissances arabes sont entrées en guerre avec Israël, qui a ensuite affronté une coalition de voisins hostiles au moins deux fois plus au XXe siècle avant de se concentrer sur la menace posée par l’Iran et ses propres partenaires régionaux, comme le mouvement Hezbollah musulman chiite libanais.


Israël et l’Arabie saoudite ont été parmi les rares voix internationales à soutenir la sortie du président Donald Trump de l’Accord sur le nucléaire iranien de 2015 qui, selon eux, aurait permis à l’Iran d’utiliser des fonds non gelés, en acceptant en échange de réduire ses activités nucléaires. Mais ces fonds auraient servi à soutenir des groupes militants à l’étranger et développer des missiles balistiques que les dirigeants iraniens ont menacé d’utiliser contre Israël et les bases américaines si un conflit éclatait.

La Chine, la France, l’Allemagne, la Russie et le Royaume-Uni, pays signataires de cet accord, se sont engagés à poursuivre leurs échanges commerciaux avec l’Iran malgré les nouvelles sanctions américaines.


La Maison Blanche a intensifié sa campagne contre l’Iran avant le sommet de Varsovie. John Bolton, conseiller pour la sécurité nationale et Trump ont attaqué les dirigeants de Téhéran sur les médias sociaux avec des hashtags #40Years of Failure (40 ans d’effondrement) qui se moquaient des célébrations commémorant les quatre décennies qui ont suivi la révolution islamique de 1979, évinçant une monarchie soutenue par l’Ouest.

Les responsables iraniens dénoncent ce qu’ils considèrent comme une conspiration pour renverser leur gouvernement.
Alors que des représentants internationaux se réunissaient à Varsovie, un attentat-suicide à la bombe perpétré à l’encontre les Gardiens de la révolution, imputé à des « terroristes » et à des « agents des services de renseignement », a frappé un autobus transportant des membres des forces iraniennes, faisant 27 morts et 10 blessés dans la province sud-est du Sistan-Baluchistan, en Iran.


Cette histoire a été mise à jour pour inclure le fait que le compte officiel du bureau du premier ministre israélien a supprimé ses tweets originaux et en a ajouté de nouveaux sans l’expression « guerre contre l’Iran ».

Par Tom O’Connor: Journaliste, spécialiste du Moyen-Orient https://www.newsweek.com/israel-wants-war-iran-netanyahu-1330704

Traduction Alexandra Allio De Corato





Alexandra Allio De Corato
A propos de Alexandra Allio De Corato 85 Articles
Traductologie, Linguistique & Géopolitique Analyste, Spécialiste du Moyen-Orient.

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