Le discours de Mahmoud Abbas à l’ONU : une mascarade !

Abdelbari Atwan

Un discours ennuyeux, inchangé et sans âme : voilà pourquoi la salle était quasi-vide pour le discours de Mahmoud Abbas à l’Assemblée générale. Les supplications ne donneront pas un Etat aux Palestiniens. La prochaine action ne sera pas prise contre Israël et les Etats-Unis mais contre le Hamas, avec la suspension des salaires versés dans la bande de Gaza et la rupture définitive des liens.

Rai Al-Youm – Vendredi 28 septembre 2018

Le discours du Président palestinien Mahmoud Abbas a été décevant. Il a répété les mêmes phrases que dans ses huit discours précédents, sans apporter rien de nouveau. Il a encore supplié les autres pays d’être solidaires avec les Palestiniens, parlé du non-respect par Israël des accords signés, réaffirmé pour la énième fois que les Etats-Unis n’étaient pas un intermédiaire impartial. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la salle ait été presque vide et que les applaudissements soient en majorité venus de la délégation palestinienne.

Le Président Donald Trump n’accédera pas à la demande d’Abbas d’annuler la reconnaissance de la ville occupée de Jérusalem comme capitale d’Israël et Jérusalem-Est ne sera pas la capitale de l’Etat palestinien, car il n’y aura pas d’Etat palestinien selon la transaction du siècle américaine, dont la mise en œuvre rapide et par étapes a commencé avec la complicité de certains Arabes et le maintien de la collaboration sécuritaire palestinienne.

La menace faite par le Président Abbas aux Etats-Unis et à Israël de ne pas respecter les accords signés ne leur fait pas peur et ne provoquera pas la pitié des membres des Nations-Unies. Tant qu’Abbas parlera comme Mère Teresa de la paix, du rejet de la violence et de la lutte contre le terrorisme dans le monde entier, personne ne l’écoutera ni ne le craindra.

Il est malheureux que le Président palestinien ait parlé de ses accords avec le Hamas depuis l’estrade de l’Assemblée générale et qu’il menace de ne pas les respecter. Cette menace est la seule qu’il mettra à exécution avec la suspension des aides à la Bande de Gaza, soit environ 90 millions de dollars par mois servant à payer l’électricité et les salaires, dont la grande majorité vont aux cadres du Fatah. Est-ce bien le lieu pour faire de telles menaces ? Les autres Etats doivent-ils entendre cela ?

La communauté internationale ne remerciera pas le Président Abbas pour son engagement à rejeter la violence et à ne pas retourner au « terrorisme », c’est-à-dire à la résistance légitime à l’occupant. Comment pourrait-elle le remercier alors que 170 Etats membres ont eux-mêmes obtenu leur liberté et leur indépendance en luttant et non en quémandant et en faisant semblant de s’apitoyer sur les droits bafoués depuis les pupitres des organisations internationales.

Cela fait pratiquement dix ans que le Président Abbas parle de résistance populaire pacifique comme unique choix, mais où est cette résistance ? Pourquoi les services de sécurité de l’Autorité palestinienne mettent tous les activistes en prison et transmettent leurs dossiers aux autorités d’occupation ? Arrêtez donc de mentir et de raconter n’importe quoi. Respectez votre grand peuple, vos martyrs et vos prisonniers.

Nous demandons au Président Abbas pourquoi l’administration américaine a suspendu l’ensemble des aides financières aux hôpitaux, aux écoles, aux institutions et à l’UNRWA tout en augmentant ses aides aux forces de sécurité palestiniennes, alors qu’on annonce que le dialogue avec les Etats-Unis est rompu ? Que signifie donc cette rupture ?

Le problème ne vient pas des Nations-Unies, ni des Etats-Unis, ni d’Israël, mais du Président Abbas, de son administration, de la collaboration sécuritaire, des auteurs de ses discours et de ceux qui l’applaudissent. Quand les dirigeants palestiniens étaient engagés dans la résistance et le sacrifice, les Etats-Unis, Israël et tout l’Occident se mettaient à genoux pour les rencontrer et négocier avec eux. Ils s’empressaient de les reconnaître et les craignaient.

Cette mascarade doit s’arrêter sur le champ. Il faut que les masques des représentants palestiniens tombent car la coupe est pleine. Le peuple palestinien ne peut plus rester muet face à cette situation, que ce soit en Palestine ou ailleurs.

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