Damas en train de récupérer sa Ghouta : les tambours à Harasta, la noce à Al-Qassaa

Rues de la ville de Damas en Syrie

La crise de la Ghouta orientale vue par les habitants de Damas

Al-Akhbar – Lundi 12 mars 2018

Par Marah Mashi, à Damas

Un missile nocturne tombé sur le quartier d’Al-Qassaa est venu troubler la paix des veilleurs au son de la musique assourdissante dans la vieille ville de Damas. Ceux qui ne se sont pas encore habitués à la mort omniprésente ont rassemblé leurs affaires et sont rentrés chez eux. Les autres sont occupés par les nouvelles des combats de la Ghouta orientale de Damas, d’où partent les missiles qui pleuvent chaque jour sur les rues de la ville.

« La peur des missiles tombant sur les quartiers d’habitation est toujours omniprésente »

Malgré les avancées de l’armée et l’isolement de certaines régions stratégiques, la peur des missiles tombant sur les quartiers d’habitation est toujours omniprésente. Au son de la musique assourdissante, des bombardements et des combats voisins, les badauds de la vieille ville et ses restaurants passent la soirée. Une insouciance surprenante chez certains, qui continuent à veiller comme si de rien n’était et discutent des nouvelles du front. Les Damascènes s’accordent pour dire que le problème des missiles tombant sur les quartiers de la capitale ne se réglera pas tant qu’un centimètre de la Ghouta orientale continuera à échapper à l’autorité de l’armée ; notamment à Douma, utilisée pour retenir les civils de la ville ouvrière d’Adra et lancer les missiles sur les quartiers d’habitations. Les habitants de Damas répètent leur vieux proverbe « la noce est à Douma mais les bruits des tambours sont à Harasta ». Aujourd’hui, la noce est plutôt à Al-Qassaa et dans les autres quartiers, Harasta et Douma connaissant un destin similaire. En ce qui concerne les civils de cette région sinistrée et l’ouverture de couloirs humanitaires pour ceux qui veulent laisser la mort derrière eux, les « fidèles » du régime ne sont pas d’accord. Certains considèrent que les civils de la Ghouta ont abrité les groupes armés, d’autres qu’ils ont été obligés de se plier à la volonté de « Jabhat Al-Nosra », « Jaych Al-Islam » et de leurs partenaires qui les utilisent comme boucliers humains.

« La situation de la commune de Hamouria devrait se régler politiquement »

Même si les groupes armés empêchent les civils de partir à travers les couloirs autorisés par l’armée, plus de 120 civils ont réussi à traverser durant les deux derniers jours. 60 d’entre eux sont de la commune de Masraba, qui a été reprise après la fuite des groupes armées dans les fermes du Nord de la commune. La situation de la commune de Hamouria devrait se régler politiquement, après plusieurs manifestations lors desquelles ses habitants ont brandi le drapeau syrien pour revenir « dans le giron de la patrie ». Ainsi passent leurs soirées les habitants de la capitale, attendant avec la ville de Damas le retour de la Ghouta dans son sein. De longues discussions ont lieu entre les fidèles du régime qui ont été marqués par la disparition du drapeau syrien de la Ghouta durant toutes ces années, puis son retour aujourd’hui chez certains habitants de la Ghouta après une longue attente. Certains considèrent cet événement comme de l’opportunisme. Les dirigeants de Hamouria ont essayé de communiquer avec l’armée afin de négocier une solution politique et ils ont réussi à se rendre vers l’aéroport militaire d’Al-Dhamir en empruntant les couloirs officiels, d’après les médias de l’opposition. Le retour des dirigeants dans la commune avec un accord politique a soulagé les habitants. Cet accord prévoit une régularisation pour les hommes armés qui auront déposé les armes ou leur évacuation vers la ville d’Idlib. L’accord garantit la neutralité des civils, autorisés à rester dans leurs domiciles. De leur côté, les représentants de Jaych Al-Islam et Faylaq Ar-Rahman ne semblent pas intéressés par un règlement politique prévoyant la capitulation de leurs combattants.

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