Comment l’Iran tente de renforcer son rôle en Syrie en accueillant Assad

Le président syrien Bachar al-Assad serre la main du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran, en Iran, le 25 février 2019, sur cette photo de l'Agence de presse arabe syrienne.

Comment l’Iran cherche à renforcer son rôle en Syrie en accueillant le président Syrien Bachar Al-Assad

Le président Syrien Bachar al-Assad a effectué aujourd’hui une visite inopinée en Iran pour la première fois depuis le début de la guerre civile il y a huit ans. Ce voyage permet à Téhéran de réaffirmer son alliance avec Damas à un moment où Assad subit des pressions croissantes pour éloigner la Syrie de l’Iran afin de réduire les tensions avec les pays voisins.

Pourquoi cela est important : Assad a reçu une chaleureuse accolade du Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei et du Président Hassan Rouhani, qui a été largement diffusée dans les médias iraniens. Cette démonstration d’unité intervient alors que l’Iran et ses deux partenaires de négociation, la Russie et la Turquie, sont confrontés à des tensions sur l’avenir de la Syrie.

En accueillant le dirigeant Syrien, l’Iran a envoyé un message aux Etats-Unis et à la Turquie que Téhéran ne se retirera pas et n’abandonnera pas face aux nouveaux développements et aux « menaces » en Syrie.

Au cours de sa rencontre avec Assad, Rouhani a salué la récente rencontre trilatérale avec les présidents Vladimir Poutine (Russie) et Recep Tayyip Erdogan (Turquie) à Sotchi (Russie) pour  » le maintien de l’intégrité territoriale de la Syrie « .

Cependant l’Ayatollah Khamenei s’en est pris apparemment à Ankara pour ses tentatives d’établir une « zone de sécurité » à la frontière nord-est de la Syrie, qu’il a dénoncée comme un « complot » américain qui doit être « fermement rejeté et combattu ».

L’Iran ne partage pas non plus le point de vue de la Russie sur les efforts de cette dernière pour minimiser les tensions avec Israël en Syrie. Poutine est prêt à accueillir le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Moscou mercredi pour des pourparlers sur la réduction du risque d’affrontement accidentel entre les deux pays alors que Netanyahu s’engage à continuer de sévir contre l’Iran et ses forces indirectes en Syrie avant les élections d’avril en Israël.

Quelle est la prochaine étape ?

L’administration Donald Trump a récemment annoncé son intention de maintenir jusqu’à 400 soldats américains en Syrie, y compris à la base militaire américaine d’al-Tanf le long de la frontière syro-irakienne, ce qui pourrait rendre difficile pour Téhéran de maintenir une connexion forte avec Damas et Bagdad. Khamenei a clairement mentionné la base dans ses commentaires d’aujourd’hui.

Dans notre bilan de la semaine du 17 février, nous avons exploré la nature transactionnelle des relations de la Syrie avec l’Iran et ses autres  » créanciers « . Anton Mardasov a récemment écrit à propos de la « lutte acharnée » entre la Russie et l’Iran au sujet de la Syrie. Et Amberin Zaman s’est attaquée à l’épineuse géopolitique de la zone de sécurité proposée par la Turquie en Syrie.

Par Al-Monitor Staff https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/02/iran-visit-syria-assad-strengthen-role.html#ixzz5gan9inq7

Traduction Alexandra Allio De Corato

Alexandra Allio De Corato
A propos de Alexandra Allio De Corato 85 Articles
Traductologie, Linguistique & Géopolitique Analyste, Spécialiste du Moyen-Orient.

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