Le boycott du « Davos du désert » annonce des jours difficiles pour l’Arabie saoudite

Le drapeau saoudien, le prince héritier MOhammed Ben Salman et le Roi Salman

Que signifie le boycott de la conférence internationale du Prince Mohammed Ben Salman par les ministres du commerce et de l’économie des grands pays occidentaux suite au meurtre de Khashoggi ?

Rai Al-Youm – Jeudi 18 octobre 2018 

Les ambitions du Prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed Ben Salman sont mises à mal et peut-être mêmes tuées par l’annulation d’un grand nombre de ministres occidentaux du commerce et de l’économie, de présidents de banques et de grandes entreprises, de leur participation au « Davos du désert » après les accusations d’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien à Istanbul.

Ce boycott va-t-il se confirmer avant même les résultats de l’enquête ?

Ce boycott de la part de la plupart des grandes institutions et banques indique que les gouvernements de la France, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas et de l’Allemagne entre autres, sont convaincus que les accusations sont fondées et qu’elles devraient conduire à la condamnation du Royaume et du Prince Mohammed Ben Salman en personne. Il se dit d’ailleurs que lui et son entourage ont planifié et mis en œuvre cet assassinat.

Le Royaume d’Arabie saoudite misait beaucoup sur cette conférence pour attirer les investissements étrangers dans ses projets pour la région de Naoum sur la Mer rouge et d’autres régions dans le cadre de la Vision 2030 du Prince Ben Salman. Cette dernière est basée sur la diversification des sources de revenu afin de mettre fin à la dépendance envers le pétrole et faire de l’Arabie saoudite un pôle d’investissement international majeur.

Quelles conséquences sur la « Vision 2030 » ?

La représentation du Royaume comme un pôle d’investissement a été violemment ébranlée quand Ben Salman a incarcéré 350 des principaux hommes d’affaire saoudiens et quelques grands princes tels que Walid Ben Talal sous prétexte de lutte contre la corruption. Il semble que l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien en Turquie ait porté un coup fatal à cette image, d’autant que la plupart des ministres qui ont annulé leur participation représentent des Etats européens alliés du Royaume. Ils veulent faire passer le message que la justice et les droits de l’homme priment sur les transactions commerciales.

Nous pensons que le boycott de cette conférence économique importante n’est qu’une première mesure, qui devrait être suivie d’autres plus douloureuses pour le Royaume d’Arabie saoudite et son économie, avec des menaces de sanctions économiques et la réactivation de la loi JASTA permettant aux victimes des attentats du 11 septembre, perpétrés par 19 membres d’Al-Qaïda, d’obtenir des dédommagements.

Le Royaume va faire face à de graves crises économiques dans le futur proche et il devrait sans doute prendre des décisions radicales pour sortir de ces crises, ou tout au moins atténuer ses pertes. La première de ces décisions concerne des changements dans l’équipe dirigeante avec la nomination de nouvelles personnes crédibles, de bonne réputation et capables de redonner confiance à la communauté internationale comme c’était le cas avant la guerre au Yémen et ses massacres, puis le franchissement de toutes les liges rouges avec l’assassinat barbare de Khashoggi qui fait froid dans le dos avec la découpe probable de son corps à la scie électrique.

Une des principales sources du pouvoir de l’Arabie saoudite réside dans sa puissance économique et son alliance avec l’Occident. Il semble que cette puissance ait commencé à s’effriter avec la crédibilité donnée par la plupart des pays étrangers aux accusations d’assassinat de Khashoggi.

Lien vers l’article original

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*